Le quartier disparu

Alors que sa présence est encore fraîche à  nos mémoires, il apparaissait opportun de prendre quelques lignes afin de rappeler qu’un des acteurs les plus importants du milieu au cours des dix dernières années a cessé ses activités depuis plus d’un an déjà. Véritable phare dans le paysage musical montréalais, l’ensemble Kore laisse derrière lui des réalisations importantes ainsi que le souvenir d’une programmation à  la fois audacieuse et de qualité. Bénéficiaire d’un succès d’estime, surtout parmi la jeune génération, les activités de cet ensemble ont su incarner à  Montréal marginalité et rigueur.

En parcourant aujourd’hui l’étendue des concerts de l’organisme à  vol d’oiseau, il est possible de les regrouper en deux grandes périodes. Une première articulée autour de programmes doubles, depuis le concert inaugural en 1997 jusqu’à  la saison 2000-2001. Période pendant laquelle le public a pu apprécier les musiques de James Harley, Helmut Oehring, Howard Bashaw ou encore Clarence Barlow. Vient ensuite la période plus imposante des concerts monographiques avec des figures comme Peter Hatch, Nicole Lizée, André Ristic, Justin Mariner ou encore Aldo Clementi pour n’en nommer que quelques-uns.

Il semble aussi que ces deux périodes soient articulées par une des réalisations les plus importantes et ambitieuses de l’ensemble soit le concert Michel-Georges Brégent: Grandeur en 2002, duquel naîtra deux ans plus tard un enregistrement d’œuvres inédites du compositeur sous l’étiquette indépendante OMBÙ.

L’ensemble Kore se démarquait surtout par l’originalité du répertoire qu’il présentait à  ses auditeurs, toujours soucieux de le documenter par le biais de programmes élaborés. Un répertoire dont la teneur tient d’une volonté éditoriale dont on peut retrouver les traces dans le libellé du mandat de fondation de l’organisme. On peut y constater simultanément une ouverture quant à  la forme que peut prendre le concert, doublé d’un attachement au rôle qui y est traditionnellement échu au compositeur.

On peut aussi y lire la volonté qu’avait l’organisme  »d’établir des partenariats entre des interprètes canadiens et des compositeurs européens travaillant en dehors des principaux canaux de diffusion associés à  la musique nouvelle ». Dans le contexte canadien, celui premièrement de l’isolement géographique, et ensuite celui des autoroutes culturelles officielles (Francophonie ou encore plus récemment Pays-Bas), on peut comprendre le défi supplémentaire que peut représenter la coordination d’associations s’organisant en marge des sentiers battus. Parce que les musiques circulant sur les canaux officiels ont d’abord fait l’objet de consensus dans leur pays d’origine et que les musiques à  caractère consensuelles sont rarement celles empreintes du parfum le plus fort, c’est toute l’audace et la singularité de l’ensemble Kore qui s’exprime à  travers ce trait de caractère. On pense ici à  des concert où le public a pu entendre la musique de compositeurs comme Stefano Gervasoni, Aldo Clementi, Gerhard Staebler, Clarence Barlow, et la liste continue. Il va sans dire que la présence de ces musiques sur la scène montréalaise était et demeure encore rarissime.

L’ensemble Kore était un organisme soucieux d’établir un dialogue constant avec sa communauté. Un dialogue ne reposant pas tant sur la diffusion d’œuvres de gros noms du répertoire contemporain que par l’exposition du public d’ici à  des créateurs qui ne lui sont pas familiers. Quoi qu’il en soit, nous ne pourrons plus désormais être les témoins privilégiés du parcours de cet ensemble dont l’absence laisse un vide qui, nous l’espérons, sera un jour comblé avec la même rigueur et curiosité. Le défi est de taille.

À tous les membres de l’ensemble Kore, merci pour ces dix années de musique.

Alors que sa présence est encore fraîche à  nos mémoires, il apparaissait opportun de prendre quelques lignes afin de rappeler qu’un des acteurs les plus importants du milieu au cours des dix dernières années a cessé ses activités depuis plus d’un an déjà. Véritable phare dans le paysage musical montréalais, l’ensemble Kore laisse derrière lui des réalisations importantes ainsi que le souvenir d’une programmation à  la fois audacieuse et de qualité. Bénéficiaire d’un succès d’estime, surtout parmi la jeune génération, les activités de cet ensemble ont su incarner à  Montréal marginalité et rigueur.

En parcourant aujourd’hui l’étendue des concerts de l’organisme à  vol d’oiseau, il est possible de les regrouper en deux grandes périodes. Une première articulée autour de programmes doubles, depuis le concert inaugural en 1997 jusqu’à  la saison 2000-2001. Période pendant laquelle le public a pu apprécier les musiques de James Harley, Helmut Oehring, Howard Bashaw ou encore Clarence Barlow. Vient ensuite la période plus imposante des concerts monographiques avec des figures comme Peter Hatch, Nicole Lizée, André Ristic, Justin Mariner ou encore Aldo Clementi pour n’en nommer que quelques-uns.

Il semble aussi que ces deux périodes soient articulées par une des réalisations les plus importantes et ambitieuses de l’ensemble soit le concert Michel-Georges Brégent: Grandeur en 2002, duquel naîtra deux ans plus tard un enregistrement d’œuvres inédites du compositeur sous l’étiquette indépendante OMBÙ.

L’ensemble Kore se démarquait surtout par l’originalité du répertoire qu’il présentait à  ses auditeurs, toujours soucieux de le documenter par le biais de programmes élaborés. Un répertoire dont la teneur tient d’une volonté éditoriale dont on peut retrouver les traces dans le libellé du mandat de fondation de l’organisme. On peut y constater simultanément une ouverture quant à  la forme que peut prendre le concert, doublé d’un attachement au rôle qui y est traditionnellement échu au compositeur.

On peut aussi y lire la volonté qu’avait l’organisme  »d’établir des partenariats entre des interprètes canadiens et des compositeurs européens travaillant en dehors des principaux canaux de diffusion associés à  la musique nouvelle ». Dans le contexte canadien, celui premièrement de l’isolement géographique, et ensuite celui des autoroutes culturelles officielles (Francophonie ou encore plus récemment Pays-Bas), on peut comprendre le défi supplémentaire que peut représenter la coordination d’associations s’organisant en marge des sentiers battus. Parce que les musiques circulant sur les canaux officiels ont d’abord fait l’objet de consensus dans leur pays d’origine et que les musiques à  caractère consensuelles sont rarement celles empreintes du parfum le plus fort, c’est toute l’audace et la singularité de l’ensemble Kore qui s’exprime à  travers ce trait de caractère. On pense ici à  des concert où le public a pu entendre la musique de compositeurs comme Stefano Gervasoni, Aldo Clementi, Gerhard Staebler, Clarence Barlow, et la liste continue. Il va sans dire que la présence de ces musiques sur la scène montréalaise était et demeure encore rarissime.

L’ensemble Kore était un organisme soucieux d’établir un dialogue constant avec sa communauté. Un dialogue ne reposant pas tant sur la diffusion d’œuvres de gros noms du répertoire contemporain que par l’exposition du public d’ici à  des créateurs qui ne lui sont pas familiers. Quoi qu’il en soit, nous ne pourrons plus désormais être les témoins privilégiés du parcours de cet ensemble dont l’absence laisse un vide qui, nous l’espérons, sera un jour comblé avec la même rigueur et curiosité. Le défi est de taille.

À tous les membres de l’ensemble Kore, merci pour ces dix années de musique.

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