Les Aventures de Madame Merveille, ou l’histoire d’un bijou !

Tout un succès que le spectacle Les Aventures de Madame Merveille présenté au Théâtre rouge du Conservatoire de musique de Montréal les 17, 18 et 19 novembre derniers. On le remarque : peu d’opéras de création sont joués sur nos scènes, un genre exigeant pourtant à  l’heure du multimédia et de la technologie scénique. C’est le défi qu’a brillamment relevé le compositeur André Ristic avec toute une équipe de créateurs pour ce spectacle de l’Ensemble contemporain de Montréal (ECM+), dirigé par Véronique Lacroix.

Opéra bande dessiné en quatre actes, Les Aventures de Madame Merveille se déroule dans un univers créatif de facture innovatrice où se marient, sur un grand écran de tulle placé entre l’avant-scène et les instrumentistes, des personnages conçus par des bédéistes et, sur scène, des chanteurs dignes de la plus grande tradition lyrique. Projetés de la sorte, les dessins des illustrateurs Cameron Stewart, Michael Cho, Pascal Girard et Scott Hepburn mettent en contexte l’action des quatre chanteurs et chanteuses solistes qui, eux, humanisent la prestation avec leur jeu théâtral. Quant au livret de Cecil Castellucci, il nous amène dans une histoire d’amour et de science-fiction ponctuée de questions existentielles du type « qui suis-je? » et « qu’est-ce qu’aimer? »! Les solistes incarnent tour à  tour les rôles de Beau Handsome, Anne Anana, Guy, Rocco, Catherine, notamment, et, bien sûr, celui de Madame Merveille. La présence des voix est exceptionnelle, tant par leur timbre, qu’on voudrait aussitôt réentendre, que par la puissance de leur caractère, mis à  profit par la judicieuse scénographie de Marie-Josée Chartier. Bien que le 3e acte puisse confondre le spectateur avec ses allusions à  des personnages inattendus comme les Malos et des Gatos ou un certain Docteur Klexx, on en retient surtout une ambiance déjantée, émouvante et fantastique – dans tous les sens du mot -, donnant un magnifique élan à  l’imaginaire du spectateur.

À l’exception de la « machine », si caractéristique de l’opéra (depuis Haendel jusqu’à  Robert Lepage) mais absente ici, tout y est – de la scénographie touchante d’Anik La Bissonnière aux costumes urbains et parfois même vintage de Pascale Matheron – pour donner forme à  l’opéra savamment composé par Ristic. Cette œuvre, il faut le dire, Ristic semble l’avoir écrite telle une broderie raffinée aux motifs d’or dont le fil nous conduit avec splendeur pour notre plus grand plaisir, du début à  la fin. C’est aussi une musique teintée de sons électroniques, admirablement intégrés à  la partition et diffusés par le sonorisateur Luc Maltais. Les musiciens de l’ECM+ jouent avec tact et rigueur au centre d’éclairages et d’éléments visuels colorés minutieusement présentés.

Enfin, on connaissait la directrice artistique Véronique Lacroix pour son flair, qui lui permet de révéler au grand public tant de compositeurs des générations montantes depuis sa fondation en 1987. Or, elle a maintenant plus que raison de nous présenter à  nouveau Les Aventures de Madame Merveille, créé il y a deux ans. Lacroix a d’ores et déjà  déniché un autre bijou, à  insérer sans contredit dans la boîte à  chefs-d’œuvre du répertoire d’ici !

Claudine Caron, musicologue

Montréal, le 22 novembre 2011


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Les Aventures de Madame Merveille, opéra bande dessinée d’André Ristic, livret de Cecil Castellucci.
ECM+, 7 musiciens (Véronique Lacroix, Dir.) 
Solistes : Pascale Beaudin, soprano, 
Marie-Annick Béliveau, mezzo
, Michiel Schrey, ténor, 
Pierre-Étienne Bergeron, baryton
, Marie-Josée Chartier, mise en scène et chorégraphie, 
Anick La Bissonnière, scénographie
, Foumalade et Marie-Josée Chartier, vidéo À venir:
29 novembre 2011, 20h | Maison de la culture Frontenac
1er décembre 2011, 20h | Théâtre Centennial, Lennoxville
, 9 décembre 2011, 20h | Salle Jean-Eudes

Tout un succès que le spectacle Les Aventures de Madame Merveille présenté au Théâtre rouge du Conservatoire de musique de Montréal les 17, 18 et 19 novembre derniers. On le remarque : peu d’opéras de création sont joués sur nos scènes, un genre exigeant pourtant à  l’heure du multimédia et de la technologie scénique. C’est le défi qu’a brillamment relevé le compositeur André Ristic avec toute une équipe de créateurs pour ce spectacle de l’Ensemble contemporain de Montréal (ECM+), dirigé par Véronique Lacroix.

Opéra bande dessiné en quatre actes, Les Aventures de Madame Merveille se déroule dans un univers créatif de facture innovatrice où se marient, sur un grand écran de tulle placé entre l’avant-scène et les instrumentistes, des personnages conçus par des bédéistes et, sur scène, des chanteurs dignes de la plus grande tradition lyrique. Projetés de la sorte, les dessins des illustrateurs Cameron Stewart, Michael Cho, Pascal Girard et Scott Hepburn mettent en contexte l’action des quatre chanteurs et chanteuses solistes qui, eux, humanisent la prestation avec leur jeu théâtral. Quant au livret de Cecil Castellucci, il nous amène dans une histoire d’amour et de science-fiction ponctuée de questions existentielles du type « qui suis-je? » et « qu’est-ce qu’aimer? »! Les solistes incarnent tour à  tour les rôles de Beau Handsome, Anne Anana, Guy, Rocco, Catherine, notamment, et, bien sûr, celui de Madame Merveille. La présence des voix est exceptionnelle, tant par leur timbre, qu’on voudrait aussitôt réentendre, que par la puissance de leur caractère, mis à  profit par la judicieuse scénographie de Marie-Josée Chartier. Bien que le 3e acte puisse confondre le spectateur avec ses allusions à  des personnages inattendus comme les Malos et des Gatos ou un certain Docteur Klexx, on en retient surtout une ambiance déjantée, émouvante et fantastique – dans tous les sens du mot -, donnant un magnifique élan à  l’imaginaire du spectateur.

À l’exception de la « machine », si caractéristique de l’opéra (depuis Haendel jusqu’à  Robert Lepage) mais absente ici, tout y est – de la scénographie touchante d’Anik La Bissonnière aux costumes urbains et parfois même vintage de Pascale Matheron – pour donner forme à  l’opéra savamment composé par Ristic. Cette œuvre, il faut le dire, Ristic semble l’avoir écrite telle une broderie raffinée aux motifs d’or dont le fil nous conduit avec splendeur pour notre plus grand plaisir, du début à  la fin. C’est aussi une musique teintée de sons électroniques, admirablement intégrés à  la partition et diffusés par le sonorisateur Luc Maltais. Les musiciens de l’ECM+ jouent avec tact et rigueur au centre d’éclairages et d’éléments visuels colorés minutieusement présentés.

Enfin, on connaissait la directrice artistique Véronique Lacroix pour son flair, qui lui permet de révéler au grand public tant de compositeurs des générations montantes depuis sa fondation en 1987. Or, elle a maintenant plus que raison de nous présenter à  nouveau Les Aventures de Madame Merveille, créé il y a deux ans. Lacroix a d’ores et déjà  déniché un autre bijou, à  insérer sans contredit dans la boîte à  chefs-d’œuvre du répertoire d’ici !

Claudine Caron, musicologue

Montréal, le 22 novembre 2011


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Les Aventures de Madame Merveille, opéra bande dessinée d’André Ristic, livret de Cecil Castellucci.
ECM+, 7 musiciens (Véronique Lacroix, Dir.) 
Solistes : Pascale Beaudin, soprano, 
Marie-Annick Béliveau, mezzo
, Michiel Schrey, ténor, 
Pierre-Étienne Bergeron, baryton
, Marie-Josée Chartier, mise en scène et chorégraphie, 
Anick La Bissonnière, scénographie
, Foumalade et Marie-Josée Chartier, vidéo À venir:
29 novembre 2011, 20h | Maison de la culture Frontenac
1er décembre 2011, 20h | Théâtre Centennial, Lennoxville
, 9 décembre 2011, 20h | Salle Jean-Eudes

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